Grâce à son projet Northern Health and Safety, Saila Ipirq-Procyk participe au programme de stages autochtones de Clear Seas et travaille à mieux intégrer les connaissances inuit aux pratiques de santé et de sécurité destinées aux personnes qui travaillent et se déplacent sur la glace de mer.
Depuis des générations, les Inuit ont développé un vaste savoir sur la façon de travailler, de voyager et de demeurer en sécurité sur la glace de mer. Toutefois, une grande partie de ces connaissances a été transmise par les traditions orales et l’expérience vécue plutôt qu’intégrée aux documents officiels en matière de santé et de sécurité au travail.
Saila Ipirq-Procyk souhaite contribuer à combler cette lacune.
Saila est chercheuse indépendante et fondatrice de Northern Health and Safety, un projet participatif qui explore les enjeux de santé et de sécurité pour les communautés qui travaillent sur la glace de mer. Le projet est enraciné dans son lien personnel avec la glace et dans sa conviction que les connaissances inuit doivent être reconnues comme une composante essentielle de pratiques de travail plus sécuritaires.
Le projet est né des recherches menées par Saila pour SmartICE Monitoring and Information Inc., une entreprise sociale qui combine les connaissances communautaires à la technologie de surveillance de la glace de mer et qui soutient la surveillance et la formation dirigées par les communautés. En contribuant à l’élaboration d’un document visant à renforcer le programme de santé et de sécurité de l’organisation, elle a constaté la nécessité de mieux refléter les connaissances des Inuit possédant une vaste expérience du travail et des déplacements sur la glace.
Créer un espace pour les connaissances communautaires

Le 6 juin 2026, Saila a tenu le premier atelier en personne du projet à Iqaluit dans le cadre de la Vitrine régionale du Nunavut de la Fondation GLOCAL du Canada.
L’atelier a réuni des membres de la communauté afin de discuter des défis liés au travail sur la glace de mer. Axée sur les jeunes adultes, la séance visait à la fois à transmettre de l’information sur la sécurité et à recueillir les connaissances de personnes ayant une expérience directe sur la glace.
L’un des thèmes centraux de l’atelier était la relation entre les consignes de sécurité conventionnelles et les connaissances inuit. Les approches conventionnelles proposent des mesures de précaution normalisées, comme mesurer l’épaisseur et la stabilité de la glace, surveiller les conditions météorologiques et la visibilité, et éviter la glace récemment regelée ou les zones situées près d’eaux en mouvement. Les connaissances inuit apportent quant à elles des générations de savoirs vécus et propres au territoire sur l’évolution de la glace, les conditions météorologiques, les itinéraires et les dangers. Plutôt que d’opposer ces deux approches, l’atelier a mis en lumière l’importance d’apprendre des deux.
Les discussions ont également porté sur les effets des changements climatiques et de l’évolution des conditions environnementales sur les risques auxquels sont confrontées les personnes qui se déplacent sur la glace. Des panélistes de SmartICE, du Secrétariat aux changements climatiques du gouvernement du Nunavut et de Gestion des urgences Nunavut ont partagé leurs perspectives aux côtés des connaissances et des expériences des participants.
L’atelier d’Iqaluit était un projet pilote, mais Saila espère qu’il donnera lieu à d’autres discussions et ateliers à l’avenir. En créant des espaces où les connaissances inuit peuvent être transmises d’une génération à l’autre et intégrées aux pratiques officielles de sécurité, son travail contribue à bâtir une approche de la sécurité sur la glace plus inclusive et ancrée dans les réalités communautaires.
Un rapport résumant les principaux constats et les discussions clés issus de l’atelier pilote est actuellement en préparation afin d’orienter les futurs travaux sur les pratiques de santé et de sécurité destinées aux personnes qui travaillent et se déplacent sur la glace de mer. Une fois finalisé, le rapport sera rendu public. Les personnes qui souhaitent en apprendre davantage peuvent consulter l’enregistrement de l’atelier.
L’atelier a été soutenu par SmartICE et la Fondation GLOCAL, avec un appui financier de Clear Seas et du programme Microgrants de Cuso International.
Apprenez-en davantage sur le Programme de Stages Autochtones de Clear Seas et les projets de recherche dirigés par des Autochtones qu’il soutient.
Image principale : Débâcle de la glace de mer à Iqaluit. Crédit photo : Saila Ipirq-Procyk.