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Naviguer dans le bruit : les traversiers canadiens et les habitats marins essentiels

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Le bruit des traversiers canadiens en zones critiques affecte la survie de certaines espèces en voie de disparition.

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Le bruit des traversiers dans les habitats essentiels

Dans l’obscurité du monde sous-marin, le son est essentiel. La vie marine dépend du son pour communiquer, se nourrir, se reproduire et s’orienter. Cependant, l’augmentation de l’activité humaine dans les océans s’accompagne d’une augmentation du bruit rayonné sous-marin produit par ces activités. Diverses industries contribuent au bruit dans les océans : la production énergétique extracôtière, les travaux de construction, les opérations militaires et, bien sûr, le trafic maritime. L’activité croissante du transport maritime commercial, des projets d’exploitation extracôtiers, de la pêche et des bateaux de plaisance contribue à une augmentation du bruit sous-marin produit par les navires.

Cette augmentation a de graves conséquences pour la vie marine, en particulier pour les espèces dont la survie dépend des sons, comme les mammifères marins. Le bruit rayonné sous-marin peut masquer les sons naturels, ce qui peut entraver la communication entre les animaux, la recherche d’un partenaire ou d’une proie, ou même l’évitement des prédateurs. Certains peuvent modifier leur comportement – par exemple, en communiquant moins ou en évitant ou en abandonnant des habitats importants. Le bruit sous-marin peut également augmenter le stress et causer d’autres problèmes de santé.

En réponse à ces préoccupations, l’Initiative pour des navires silencieux de Transports Canada redouble d’efforts pour soutenir la recherche visant à réduire le bruit sous-marin produit par les navires. L’Initiative fournit un financement fédéral pour des projets de recherche et de développement visant à faire progresser et à tester des technologies, des conceptions de navires, des modernisations et des pratiques opérationnelles prometteuses afin de rendre les navires plus silencieux et plus efficaces, contribuant ainsi à la protection et au rétablissement de l’environnement marin et des mammifères marins menacés d’extinction.

Cette série d’articles explore les résultats et fait part des défis soulevés par certains des projets financés par l’Initiative pour des navires silencieux.

Incidence des traversiers dans les eaux côtières du Canada

Avec le plus long littoral du monde (243 000 kilomètres) et des rivières et des lacs navigables, le Canada compte sur les traversiers comme élément essentiel de son système de transport national. Au total, 181 lignes de traversiers sont exploitées dans les eaux canadiennes, la plupart à l’intérieur des terres, traversant des rivières et des lacs. Cependant, des traversiers côtiers sont exploités en Colombie-Britannique, au Québec, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve-et-Labrador et sur l’Île-du-Prince-Édouard.

Ces traversiers relient les communautés côtières éloignées au système de transport national, facilitent le transport de biens essentiels comme la nourriture et les médicaments, à destination et en provenance des communautés, et contribuent au tourisme. Ces itinéraires de traversiers côtiers traversent de nombreux types d’écosystèmes marins, y compris des zones utilisées par des espèces en péril. En Colombie-Britannique, les routes des traversiers côtiers chevauchent des zones utilisées par trois populations d’épaulards – une transitoire et deux résidentes – en péril, mais les épaulards résidents du Sud sont inscrits sur la liste des espèces en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Il reste environ 74 baleines dans la population résidente du Sud,1 contre un pic de 98 individus au milieu des années 1990, depuis le début du suivi en 1976.2 Toutes ces populations d’épaulards utilisent le son pour communiquer et les résidentes du Nord et du Sud utilisent également le son pour chasser le poisson.

Découvrez le Programme de rétablissement des épaulards résidents du Nord et du Sud au Canada.

Dans l’Est du Canada, l’estuaire du Saint-Laurent abrite une population résidente de bélugas, une espèce en voie de disparition. Il s’agit de la population la plus méridionale de cette espèce, que l’on trouve généralement dans les eaux arctiques. Surnommés les « canaris de la mer », les bélugas communiquent par le son. Cette population, qui compte environ 1 850 individus, ne s’est pas reconstituée depuis l’arrêt de la chasse en 1979 et représente moins de 20 % de ce qu’elle était au début des années 1900.3 De plus, depuis le milieu des années 2000, la proportion de jeunes bélugas a diminué. L’activité maritime dans le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saguenay chevauche l’habitat critique de mise bas et d’élevage des bélugas.

Découvrez le plan d’action pour protéger les bélugas

Pendant les mois d’été et d’automne, le golfe du Saint-Laurent accueille environ 40 % de toutes les baleines noires de l’Atlantique Nord connues, qui migrent dans la région pour se nourrir et se rencontrer. Inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition au Canada, cette population compte environ 370 baleines.4 La pollution sonore due aux activités maritimes, y compris les mouvements des navires, est l’un des facteurs qui contribuent au déclin de cette espèce. L’enchevêtrement dans des engins de pêche fantômes et les collisions avec des navires sont les causes les plus fréquentes de mortalité des baleines noires de l’Atlantique Nord.

Cet article a été rédigé par Clear Seas pour le compte de Transports Canada dans le cadre de l’Initiative pour des navires silencieux. Il fait partie d’une série de quatre articles consacrés aux traversiers et au bruit sous-marins.

Pour en savoir plus sur les nouvelles découvertes et les défis à relever pour rendre les navires plus silencieux, consultez les autres sujets de cette série ici.

L’Initiative pour des navires silencieux est financée par le gouvernement fédéral par l’intermédiaire de Transports Canada. Les partenaires industriels et les chercheurs intéressés par d’éventuelles collaborations en matière de recherche et de développement afin de faire progresser les solutions novatrices dans le domaine de la technologie marine sont invités à contacter l’équipe de l’Initiative pour des navires silencieux à l’adresse suivante : Marine-RDD-maritime@tc.gc.ca

Références

  1. Center for Whale Research Photographic Population Census, July 1, 2025 ↩︎
  2. Independent Science Panel on SRKW Recovery (2025). Strengthening recovery actions for Southern Resident killer whales. https://doi.org/10.70766/32.7300, pg. 13. ↩︎
  3. https://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/mammals-mammiferes/whales-baleines/beluga-fra.html ↩︎
  4. https://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/mammals-mammiferes/whales-baleines/narw-bnan/index-fra.html ↩︎
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