L’avenir du transport silencieux exige de combler les lacunes de données tout en gérant les changements opérationnels.
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Orientations futures pour un fonctionnement plus silencieux des navires
Deux défis majeurs restent à relever pour ceux qui élaborent des modèles et d’autres systèmes permettant une surveillance du bruit en temps réel ou des changements opérationnels adaptatifs.
Le premier concerne les renseignements relatifs à la nature du bruit émis par les différents navires. Dans le cas des grands navires commerciaux, en particulier, la complexité des détails de la conception, combinée au profil opérationnel, signifie que chaque navire est un système unique avec une empreinte sonore unique. Deux hélices de conception similaire peuvent produire des émissions sonores différentes, en fonction de la configuration de la coque du navire ainsi que de l’âge et de l’état d’entretien de l’hélice. En outre, les émissions sonores des différents composants, ainsi que du navire dans son ensemble, peuvent varier au cours de son exploitation, à mesure qu’il évolue dans des conditions océanographiques différentes et qu’il est soumis à des exigences opérationnelles différentes.
Cependant, les données à long terme et en situation réelle (en mer) ne sont pas encore facilement disponibles. Ce manque de données s’explique par trois facteurs principaux. Premièrement, les préoccupations concernant l’incidence du bruit des navires sur la vie marine sont relativement récentes. La collecte de données n’a donc pas fait l’objet d’un effort généralisé dans le passé. Deuxièmement, les détails de la conception des navires sont généralement exclusifs, ce qui signifie que même les données de base sur le bruit doivent être enregistrées à des fins d’analyse. Enfin, équiper les navires de capteurs de vibrations et d’enregistreurs de données est coûteux en temps et en argent, ce qui complique la collecte de données à grande échelle. Même si les détails de la conception et les renseignements sur le bruit en temps réel étaient facilement accessibles et pouvaient être intégrés dans un modèle qui fournirait des orientations en temps réel pour les changements opérationnels, la sécurité et d’autres contraintes opérationnelles pourraient tout de même empêcher la mise en œuvre des changements visant à réduire le bruit.
Les grands navires ne sont pas les seules sources de bruit sur l’océan, mais à ce jour, la plupart des données sur les émissions sonores ont été recueillies auprès de grands navires. La collecte de données réelles sur les émissions sonores des petits navires, ainsi que l’évaluation du rendement et du potentiel de réduction du bruit de différents changements opérationnels, sont essentielles pour comprendre et traiter les répercussions sonores de ce groupe.
Le deuxième défi concerne notre connaissance des effets du bruit sur la vie marine. De nombreuses inconnues subsistent quant au moment et à la manière dont le bruit commence à causer des préjudices, en particulier à la vie marine non mammifère. Comprendre où et quand la réduction du bruit est la plus nécessaire pourrait aider à orienter les recommandations de changements opérationnels. Par exemple, ces changements pourraient être particulièrement critiques dans les voies navigables très fréquentées où le volume du trafic maritime crée un environnement bruyant permanent, ou pendant les saisons de reproduction, ou à des moments précis de la journée ou de l’année où les animaux marins sensibles sont plus actifs.
De même, la compréhension des distances à partir desquelles les animaux marins commencent à changer de comportement ou subissent d’autres préjudices pourrait aider à orienter les recommandations de changements opérationnels vers le moment et l’endroit où ces derniers auront le plus d’effets bénéfiques. Néanmoins, il est également important de tenir compte des résultats non intentionnels possibles des changements opérationnels. Si, par exemple, un navire ralentit pour réduire le bruit à proximité d’un groupe d’épaulards, mais accélère ensuite pour rattraper le temps perdu, le bruit total d’un voyage pourrait rester inchangé ou même augmenter. Si l’impact du bruit sur les épaulards peut être réduit, les répercussions globales du voyage sur les autres espèces marines peuvent augmenter.
La poursuite des recherches sur les effets du bruit sur la vie marine guidera l’évolution des réglementations et autres mesures visant à minimiser le bruit des navires dans les eaux canadiennes et ailleurs.
Cet article a été rédigé par Clear Seas pour le compte de Transports Canada dans le cadre de l’Initiative pour des navires silencieux. Il fait partie d’une série de quatre articles sur les changements opérationnels visant à limiter le bruit sous-marin des navires.
Pour en savoir plus sur les nouvelles découvertes et les défis à relever pour rendre les navires plus silencieux, consultez les autres sujets de cette série ici.
L’Initiative pour des navires silencieux est financée par le gouvernement fédéral par l’intermédiaire de Transports Canada. Les partenaires industriels et les chercheurs intéressés par d’éventuelles collaborations en matière de recherche et de développement afin de faire progresser les solutions novatrices dans le domaine de la technologie marine sont invités à contacter l’équipe de l’Initiative pour des navires silencieux à l’adresse suivante : Marine-RDD-maritime@tc.gc.ca
Vie marine : Mammifères, poissons et invertébrés vivant dans l’environnement océanique.
Conditions océanographiques : Caractéristiques physiques et chimiques de l’océan qui varient dans l’espace et le temps. Elles comprennent des facteurs comme la température, la salinité, les courants, les vagues, les marées, la concentration et l’épaisseur de la glace et les vents de surface.