Destiney Brown, Métisse de l’Alberta, a mené une recherche sur les effets potentiels de la pollution liée au transport maritime sur les requins dans les eaux canadiennes, en s’intéressant à la fois à l’exposition aux contaminants et au bruit sous-marin. Elle a également créé une carte répertoriant les observations de requins dans les zones où les activités maritimes sont importantes le long de la côte de la Nouvelle-Écosse.
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Autrice : Destiney Brown, Métisse (Alberta), Programme de stages autochtones
En juillet 2026, un grand requin blanc mâle de 4 mètres et pesant 580 kg a été retrouvé mort sur une plage près de Pictou, en Nouvelle-Écosse. La nécropsie n’a révélé aucune cause évidente de décès.1
La pollution associée au transport maritime pourrait-elle être en cause?
C’est une hypothèse à prendre au sérieux.
Les requins dans les corridors de navigation maritime
Les corridors de navigation le long de la côte atlantique recoupent les zones d’alimentation des requins, ce qui rend particulièrement préoccupantes les questions liées au bruit sous-marin et à l’exposition aux microplastiques.

(La carte est en anglais seulement)
Comment la pollution liée au transport maritime affecte-t-elle les grands requins blancs?
Les requins sont touchés à la fois par les contaminants chimiques présents dans l’océan et par le bruit sous-marin.
La contamination chimique peut notamment comprendre :
- Les métaux lourds : le mercure, le plomb et d’autres métaux lourds peuvent nuire au fonctionnement neurologique, ralentir la croissance et affaiblir le système immunitaire.
- Les polluants organiques persistants (POP) : des substances comme les BPC (biphényles polychlorés) et le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) sont reconnues comme des perturbateurs endocriniens qui peuvent dérégler le système hormonal et compromettre la reproduction.
Pourquoi la contamination chimique affecte-t-elle particulièrement les requins?
- Bioaccumulation : ce phénomène désigne l’accumulation graduelle de toxines dans l’organisme d’un animal au cours de sa vie. Les grands requins blancs ont une longue espérance de vie, ce qui les rend particulièrement vulnérables à l’accumulation de polluants tels que les métaux lourds, les pesticides et les polluants organiques persistants (POP).
- Bioamplification : ce processus correspond à l’augmentation de la concentration de toxines à mesure qu’on remonte la chaîne alimentaire. En tant que prédateurs au sommet de cette chaîne, les requins consomment des proies qui ont déjà accumulé des contaminants. Chaque repas augmente davantage la concentration de ces substances dans leur organisme, ce qui entraîne des niveaux de contamination beaucoup plus élevés que chez les espèces occupant des niveaux trophiques inférieurs.
Les conséquences de cette accumulation peuvent être graves et affecter leur système immunitaire, leurs capacités reproductrices ainsi que leurs fonctions neurologiques.2
La pollution sonore générée par le trafic maritime peut également nuire aux grands requins blancs de plusieurs façons :
- Perturbation de la communication : le bruit sous-marin peut interférer avec leur capacité à communiquer entre eux, ce qui peut avoir des répercussions sur les comportements liés à l’accouplement et aux interactions sociales.
- Masquage des sons produits par les proies : les requins utilisent leur audition pour repérer leurs proies. Un niveau de bruit excessif peut masquer les sons associés aux sources de nourriture potentielles et rendre la chasse plus difficile.
- Stress et déplacement : l’exposition à des bruits intenses peut provoquer du stress et pousser les requins à éviter certains secteurs, perturbant ainsi leurs déplacements migratoires et leur accès à des zones d’alimentation importantes.
Autrice
Destiney Brown
Stagiaire autochtone
Références
- CBC (28 juillet 2026). Un grand requin blanc retrouvé mort sur une plage de la Nouvelle-Écosse, une cause de décès toujours inexpliquée. ↩︎
- Gale, J. (1 mars 2026). Quels sont les effets de la pollution sur les grands requins blancs? The Institute for Environmental Research and Education ↩︎