
Espèces envahissantes
et transport maritime
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Les navires peuvent transporter des espèces de port en port par deux voies principales :
L’eau de ballast :
L’eau de ballast est de l’eau puisée de l’environnement dans lequel se trouve le navire et qui est entreposée dans des réservoirs spécialisés. L’eau de ballast joue un rôle critique dans le maintien du poids et de la stabilité du navire lors des opérations de chargement et de déchargement de cargaison de même que durant le voyage. Les espèces aquatiques peuvent être aspirées dans l’eau de ballast lorsque cette dernière est pompée dans les réservoirs et relâchées dans un nouvel environnement lorsque le navire doit décharger pour prendre une cargaison dans un nouveau port.
Propeller

Bilge Keel

Sea Chest

Bow Thrusters

Anchor

L’encrassement biologique :
Des organismes vivants tels que des algues, des microbes, des moules et des pouces-pieds, peuvent s’attacher à la coque des navires dans un processus appelé « salissure de la coque » ou « biosalissure ». Les espèces qui s’attachent à la coque des navires peuvent être transportées sur de longues distances et se détacher et se reproduire dans un nouvel environnement. Outre les surfaces plates de la coque, les organismes marins peuvent aussi s’attacher et s’agglomérer sur les propulseurs d’étraves, les gouvernails, les hélices, les points d’admission d’eau et les caissons de prise d’eau (des cavités protégées couvertes de grilles et exposées à un flot constant d’eau de mer).[8][9]
De nombreuses espèces aquatiques ont été transportées autour du monde par la décharge des eaux de ballast et par l’encrassement biologique.[13] Ces deux voies d’introduction jouent un rôle important (sans toutefois être les seules par lesquelles les espèces envahissantes peuvent se déplacer), mais certaines espèces et régions semblent subir plus d’invasions par une voie que par l’autre.

En Nouvelle-Zélande, l’encrassement biologique a été trouvé responsable d’environ 70 % des espèces aquatiques envahissantes, comparativement à seulement 3 % provenant de l’eau de ballast.[14]

Dans les eaux américaines, l’encrassement biologique des coques est responsable d’environ 35 % des espèces aquatiques envahissantes, comparativement à 20 % provenant des eaux de ballast.[15]

Espèces envahissantes dans les eaux canadiennes
Plus d’information au sujet d’importantes espèces envahissantes trouvées dans les eaux canadiennes, dont les effets sont ressentis dans les écosystèmes et les économies de ces régions.
Initiatives en cours
Il existe, au Canada et internationalement, plusieurs initiatives qui contribuent à réduire le risque d’introduction et de transfert d’espèces envahissantes par les activités de transport maritime.
- La Central Coast Indigenous Resource Alliance, qui réunit quatre Premières Nations (Heiltsuk, Kitasoo Xai’xais, Nuxalk et Wuikinuxv), a conclu un partenariat avec la province de la Colombie-Britannique afin de lancer le plan marin du MaPP pour la côte centrale de la Colombie-Britannique, basé sur une réponse coordonnée envers trois espèces aquatiques envahissantes : le crabe européen, l’ascidie plissée et les bryozoaires.
- Dix individus (gardiens côtiers et autres employés de terrain) des quatre Nations surveillent ces envahisseurs aquatiques et recueillent des données de base sur leur présence, leur abondance et les dommages qu’ils causent aux écosystèmes. Les liens millénaires des quatre Nations avec ces écosystèmes constituent une partie intégrante de ce travail.
- En 2012, le port de Prince Rupert a conclu un partenariat avec le programme d’écologie côtière appliquée du Coast Mountain College et le programme Plate Watch de l’Invasive Tunicate Network en vue d’entreprendre un des premiers programmes de surveillance des espèces aquatiques envahissantes sur la côte canadienne du Pacifique.
- Ce programme surveille la présence du crabe européen, de l’ascidie plissée et des espèces de bryozoaires. Les participants au programme compilent et rapportent les résultats à un groupe d’experts, contribuant ainsi à un système de détection précoce des espèces envahissantes. Jusqu’à présent, aucune espèce envahissante n’a été détectée dans le havre de Prince Rupert, bien que quelques-unes aient été trouvées dans la zone plus étendue de la côte nord de la Colombie-Britannique.
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- Le programme de certification environnementale de l’Alliance verte comprend des indicateurs de rendement qui encouragent l’adoption, par les propriétaires de navires canadiens et internationaux, de pratiques exemplaires pour prévenir l’introduction d’espèces envahissantes, notamment par la tenue d’une liste d’inventaire annuelle concernant l’eau de ballast et par la participation à la recherche et au développement de nouveaux systèmes de traitement de l’eau de ballast. Ces indicateurs recommandent également que les propriétaires de navires effectuent des essais ou installent des systèmes de traitement de l’eau de ballast et appliquent des mesures de lutte contre l’encrassement biologique.

- Lancé en 2017, ce projet rassemble le Fonds pour l’environnement mondial, le Programme des Nations Unies pour le développement, l’Organisation maritime internationale (OMI) et d’autres partenaires, dont Transports Canada, dans le but de renforcer les capacités des pays émergents à appliquer les directives de l’OMI concernant l’encrassement biologique.
- Les pays participants collaborent pour élaborer des réformes de nature légale, politique et institutionnelle pour s’attaquer aux dossiers d’encrassement biologique dans leurs régions.
- Le ministère des industries primaires de la Nouvelle-Zélande a été le premier au monde à adopter des normes nationales ayant trait à l’encrassement biologique pour tous les navires qui arrivent dans les eaux territoriales de ce pays depuis le mois de mai 2018.
- La norme de gestion des risques liés aux bateaux en matière d’encrassement biologique exige que tous les navires qui arrivent en Nouvelle-Zélande aient une coque propre. La norme s’applique à tout navire au mouillage, à quai ou qui sera débarqué en Nouvelle-Zélande après un voyage commençant en dehors des eaux territoriales du pays.

- De nouvelles mises à jour du programme ont pris effet en date du 1er janvier 2022 afin de répondre aux exigences en matière de déclaration concernant les navires et l’eau de ballast dans les eaux californiennes. Le plan de gestion de l’encrassement biologique et les programmes relatifs aux espèces envahissantes de cet État sont considérés comme plus stricts que les règlements des États-Unis et de l’Organisation maritime internationale.[40]

À propos de Clear Seas
Clear Seas est un organisme canadien sans but lucratif qui fournit de l’information objective afin de permettre au gouvernement, à l’industrie et au grand public de prendre des décisions éclairées sur les questions relatives au transport maritime. Nous nous efforçons de sensibiliser et de susciter la confiance afin que chacun puisse se sentir partie prenante du secteur maritime. Notre vision est celle d’un secteur maritime durable, sûr, dynamique et ouvert à tous, aujourd’hui et pour les générations futures.
En tant que centre de recherche indépendant, Clear Seas fonctionne sans lien de dépendance avec ses bailleurs de fonds. Note programme de recherche est défini à l’interne en fonction des enjeux du moment, examiné par notre comité consultatif de recherche et approuvé par notre conseil d’administration.
Notre conseil d’administration est composé de scientifiques, de dirigeants de collectivités, d’ingénieurs et de cadres de l’industrie possédant des dizaines d’années d’expérience en recherche sur les questions humaines, environnementales et économiques liées à nos océans, à nos côtes et à nos voies navigables.
Nos rapports et outils sont disponibles sur notre site web : clearseas.org/fr/
Sources et citations
- Forum économique mondial. 2021. Our Economy Relies on Shipping Containers. This is What Happens When They’re ‘Stuck in the Mud’.
- Diagne, C., Leroy, B., Vaissière, A. C. et coll. 2021. High and rising economic costs of biological invasions worldwide. Nature 592 : 571–576. https://doi.org/10.1038/s41586-021-03405-6.
- Phillip J. Haubrock et coll. 2021. Knowledge gaps in economic costs of invasive alien fish worldwide. NIH Library of Medicine.
- Diagne, C., Leroy, B., Gozlan, R.E. et coll. 2020. InvaCost, a public database of the economic costs of biological invasions worldwide. Sci Data 7 : 277.
- Y compris la moule zébrée, l’ascidie jaune, l’ascidie plissée, la lamproie, le crabe européen, Codium fragile, la cione et le myriophylle en épi.
- Bailey, SA, Brown, L, Campbell, ML et coll. 2020. Trends in the detection of aquatic non-indigenous species across global marine, estuarine and freshwater ecosystems: A 50-year perspective. Divers Distrib. 26: 1780– 1797. https://doi.org/10.1111/ddi.13167.
- Bailey, SA, Brown, L, Campbell, ML et coll. 2020. Trends in the detection of aquatic non-indigenous species across global marine, estuarine and freshwater ecosystems: A 50-year perspective. Divers Distrib. 26 : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/ddi.13167.
- Melissa Frey et coll. 2014. Fouling around: vessel sea-chests as a vector for the introduction and spread of aquatic invasive species. Management of Biological Invasions 5 (1) : 21–30.
- Image de caisson de prise d’eau gracieuseté d’Angela Gillham. Maritime Industry Australia Ltd.
- Transports Canada. 2022. Gestion de l’eau de ballast. Gouvernement du Canada.
- Le tpl se calcule en additionnant le poids de la cargaison, du combustible, de l’eau douce, de l’eau de ballast, des provisions, des passagers et de l’équipage.
- Demirel, Y.K., Turan, O. et Incecik, A. 2017. Predicting the effect of biofouling on ship resistance using CFD, Applied Ocean Research 62 : 100-118. https://doi.org/10.1016/j.apor.2016.12.003.
- Molnar et coll. 2008. Assessing the global threat of invasive species to marine biodiversity. Frontiers in Ecology and the Environment, 6(9): 485-492.
- H. J. Cranfield et coll. 1998. Adventive Marine Species in New Zealand. NIWA Technical Report 34. ISSN 1174-2631.
- Fotonoff et coll. 2003. « In Ships or on Ships? Mechanisms of transfer for non-native species to the coasts of North America ». Dans Invasive species: vectors and management strategies, sous la direction de Ruiz, G. M. et Carlton, J. T. Washington : Island Press.
- Bi-National.net, Canada-United States Collaboration for Great Lakes Water Quality. 2019. State of the Great Lakes.
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- United States Environmental Protection Agency. 2022. Invasive Species in the Great Lakes.
- Cette carte n’illustre pas toute l’étendue de l’aire de distribution géographique des espèces citées en exemple et ne montre pas toutes les espèces envahissantes préoccupantes dans les eaux canadiennes.
- Pêches et Océans Canada. 2019. Ascidie plissée. Gouvernement du Canada.
- Pêches et Océans Canada. 2022. Crabe vert. Gouvernement du Canada.
- Invasive Species Centre. 2022. Zebra and Quagga Mussels.
- Joint Ocean Commission Initiative. 2017. Invasive Species Threaten the Great Lakes Economy and Ecosystem.
- Diagne, C., Leroy, B., Vaissière, AC. et coll. 2021. High and rising economic costs of biological invasions worldwide. Nature 592, 571–576. https://doi.org/10.1038/s41586-021-03405-6.
- Gouvernement du Manitoba. 2022. Stop Zebra Mussels.
- Gouvernement de la Saskatchewan. 2022. Aquatic Invasive Species Prevention and Monitoring Program.
- Mysidacé tacheté (Hemimysis anomala), Image gracieuseté de S. Pothoven, GLERL.
- Gouvernement de l’Ontario et Fédération des chasseurs et pêcheurs de l’Ontario. 2022. Programme de sensibilisation des espèces envahissantes.
- Gouvernement de l’Ontario. 2021. Mysidacé tacheté.
- Programme de sensibilisation des espèces envahissantes de l’Ontario. 2022. Grémille.
- Pêches et Océans Canada. 2022. Crabe chinois à mitaine. Gouvernement du Canada.
- U.S. Fish & Wildlife Service. 2018. Ecological Risk Screening Summary – Chinese mitten crab.
- Farrah T. Chan, et coll. 2015. Relative importance of vessel hull fouling and ballast water as transport vectors of nonindigenous species to the Canadian Arctic. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences.
- Gouvernement du Canada. 2021. Règlement sur l’eau de ballast : DORS/2021-120. La Gazette du Canada, Partie II, volume 155, numéro 13.
- Marine Insight. 2021. How Ballast Water Treatment System Works?
- R.A. Sturtevant, D.M. Mason, E.S. Rutherford, A. Elgin, E. Lower, F. Martinez. 2019. Recent history of nonindigenous species in the Laurentian Great Lakes. Mise à jour de Mills et coll.,1993 (25 ans plus tard). Journal of Great Lakes Research, Volume 45, Issue 6, p. 1011-1035, https://doi.org/10.1016/j.jglr.2019.09.002.
- Réseau Grands Lacs-Voie Maritime du Saint-Laurent. 2022. Eau de ballast.
- Marine Environment Protection Committee. 2011. Annex 26 Resolution MEPC.207(62) – Guidelines for the Control and Management of Ships’ Biofouling to Minimize the Transfer of Invasive Aquatic Species.
- Organisation maritime internationale. 2019. Encrassement biologique.
- Gard. 2021. California adopts federal ballast water discharge standards.
L’eau de ballast
La plupart des navires sont équipés de réservoirs de ballast de capacités diverses. La quantité typique d’eau de ballast transportée est d’environ 25 à 30 % du tonnage de port en lourd (TPL).[10][11]
Par exemple, un vraquier Seawaymax de 28 500 TPL (capable de passer par les écluses de la Voie maritime du Saint-Laurent) peut contenir jusqu’à 24 millions de litres d’eau dans ses réservoirs de ballast – soit la quantité d’eau nécessaire pour remplir près de dix piscines olympiques.
Il est difficile de prédire quels organismes survivront à un séjour à l’intérieur d’un réservoir d’eau de ballast. Les plus gros peuvent survivre en mangeant les plus petits; les plus petits survivent en adoptant un état de dormance pour résister aux conditions hostiles et retourner à une forme active quand les conditions s’améliorent.
L’encrassement biologique
Une fois qu’une surface, comme la coque d’un navire, pénètre dans l’eau, elle est rapidement colonisée par une gamme d’espèces. Outre le transport d’espèces envahissantes, l’encrassement biologique réduit l’efficacité du combustible en augmentant la résistance du navire dans l’eau. Lorsqu’un navire consomme davantage de carburant, ses émissions de gaz à effet de serre augmentent, ce qui nuit à la qualité de l’air. Un navire qui a une couche épaisse de biofilm peut nécessiter jusqu’à 38 % d’énergie supplémentaire pour maintenir sa vitesse, comparé à un navire avec une coque propre.[12]
Réglementation canadienne concernant l’eau de ballast
Les Grands Lacs constituent un plan d’eau partagé et géré conjointement par le Canada et les États-Unis. Les différences dans la réglementation constituent un défi à cette gestion commune, car les États-Unis ne sont pas signataires de la Convention internationale et maintiennent leur propre règlement de gestion des eaux de ballast. Les agents canadiens et américains effectuent ensemble des inspections de l’eau de ballast des navires pour s’assurer que les navires étrangers qui entrent dans la Voie maritime du Saint-Laurent et les Grands Lacs se conforment aux règlements des deux pays concernant l’eau de ballast. Cette collaboration vise à assurer le respect de l’Accord Canada–États-Unis relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs.
Directives de l’OMI ayant trait à
Les Directives de l’OMI pour le contrôle et la gestion de l’encrassement biologique des navires ont été adoptées en 2011 à la suite de trois années de consultations avec les états membres. Elles font actuellement l’objet d’une révision et d’une mise à jour. Ces directives recommandent les pratiques suivantes :
- L’adoption d’un plan de gestion de l’encrassement biologique (biosalissure)
- Le maintien d’un cahier de bord sur l’encrassement biologique
- L’installation et l’entretien d’un système de lutte contre l’encrassement biologique
- L’inspection, le nettoyage et l’entretien en mer
- La conception et la construction appropriées des navires
- La dissémination de l’information
- La formation et l’éducation










