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Qui Paie la Facture D’un Déversement D’hydrocarbures?

Entourés de voies navigables achalandées, immanquablement, les Canadiens se demandent qui doit assumer les frais liés à un déversement d’hydrocarbures dans l’eau par un navire.

Par exemple, dans l’éventualité d’un déversement, est-ce les Canadiens qui doivent payer pour les dommages causés par l’incident?

Combien de fonds sont disponibles pour le nettoyage d’un déversement?

L’objectif de ce site est de partager de l’information objective et de préciser qui est responsable d’assumer les frais liés au nettoyage en cas de déversement d’hydrocarbures par un navire dans les eaux canadiennes, et d’encourager des dialogues informés sur le transport maritime au Canada.

Ce site a été créé par le Clear Seas, un centre de recherche indépendant qui appuie le transport maritime sécuritaire et durable au Canada.

Déversements de Cargaisons D’hydrocarbures de Pétroliers dans les Eaux Canadiennes

Un certain risque est lié au transport d’hydrocarbures, mais grâce à l’augmentation constante des mesures de prévention telles que les doubles coques obligatoires pour les pétroliers et l’utilisation de pilotes locaux pour guider les navires dans les eaux côtières canadiennes, le volume et la fréquence des déversements d’hydrocarbures ont diminué au Canada et à l’échelle mondiale depuis les années 1970[1].

Même si un déversement d’hydrocarbures est improbable, pour circuler dans les eaux canadiennes, les pétroliers doivent toujours :

Le montant qu’un propriétaire de pétrolier a la responsabilité de payer dépend de la taille du pétrolier et de la quantité de pétrole qu’il peut transporter.[3]

Montant d’assurance pour les navires dont la jauge brute ne dépasse pas 5 000 tonneaux de jauge brute.

Les navires dont la jauge brute se situe entre 5 000 et 140 000 tonneaux de jauge brute doivent posséder 1 147 $ CAN par unité au-dessus d’une jauge brute de 5 000 unités.

Montant d’assurance requis pour les navires dont la jauge brute est de 140 000 tonneaux ou plus.


En cas de déversement d’hydrocarbures d’un pétrolier dans les eaux canadiennes, quatre sources de financement sont disponibles. En décembre 2018, le Fonds Navire a été modifié afin d’éliminer la limite de responsabilité par incident; en effet, il n’y maintenant plus de plafond à la compensation disponible en provenance du Fonds Navire.


En vertu de la Convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures de soute (Convention sur les hydrocarbures de soute), tous les navires de plus de 1 000 tonnes brutes doivent souscrire une assurance responsabilité pour les dommages causés par un déversement d’hydrocarbures de soute. Le montant qu’un propriétaire de navire est tenu de payer dépend de la taille du navire.

Montant d’assurance requis pour les navires dont la jauge brute se situe entre 300 et 2000 tonneaux.

Les navires dont la jauge brute se situe entre 2 000 et 30 000 tonneaux doivent avoir une assurance supplémentaire de 1 098 dollars canadiens par unité au-dessus d’une jauge brute de 2 000 unités.

Les navires dont la jauge brute se situe entre 30 000 et 70 000 tonneaux doivent obtenir un supplément de 824 dollars canadiens d’assurance par unité au-dessus d’une jauge brute de 30 000 unités.

Les navires dont la jauge brute est de 70 000 tonneaux ou plus doivent obtenir un supplément de 549 dollars canadiens d’assurance par unité au-dessus d’une jauge brute de 30 000 unités.


Indemnisation Navire et Rail Canada

Le Fonds Navire de Indemnisation Navire et Rail Canada est le fonds canadien assurant une indemnisation en cas de déversement d’hydrocarbures dans les eaux canadiennes. Ces déversements peuvent être causés par tout type de navire ou être d’origine inconnue.[8]

Ce fonds, dont le financement était assuré par le prélèvement de droits versés par des sociétés pétrolières dans les années 1970 et qui affichait un surplus de plus de 408 millions de dollars en 2019, peut verser une indemnisation illimitée pour les dommages dus à la pollution par toute forme d’hydrocarbures causée par un navire. Dans le cas de déversements d’hydrocarbures persistants provenant de la cargaison d’un pétrolier ou du réservoir à carburant d’un navire, le Fonds Navire verse une indemnité complémentaire si les fonds internationaux sont épuisés.

Le Fonds Navire est un fonds spécial du gouvernement du Canada qui a été établie en vertu de la partie 7 de la Loi sur la responsabilité en matière maritime afin de protéger les contribuables et de verser une indemnisation en cas de déversement d’hydrocarbures par un navire dans les eaux canadiennes. Des modifications ont été apportées à cette loi en 2018 afin d’améliorer le Fonds Navire.

Le Fonds Navire a été modifiée de la façon suivante :

  • Aucune limite de responsabilité par événement;
  • Autorisation de transférer des fonds du Trésor de façon temporaire en cas d’insuffisance du Fonds Navire;
  • Harmonisation avec les conventions internationales en ce qui concerne l’indemnisation pour préjudices économiques (en particulier la perte de revenus) causés par un déversement d’hydrocarbures;
  • Responsabilité liée aux coûts et aux dépenses encourus par le ministère des Pêches et des Océans ou toute autre entité afin de prendre des mesures pour prévenir les dommages causés par un déversement d’hydrocarbures, même en l’absence d’une menace de déversement grave et imminente;
  • Financement d’urgence initial accordé au ministère des Pêches et des Océans en cas de déversement d’hydrocarbures important.

Le Fonds Navire d’Indemnisation Navire et Rail Canada est à la fois un fonds de dernier ou de premier recours, au choix du requérant.

En tant que fonds de dernier recours, le Fonds Navire indemnise les victimes des dommages causés par la pollution due aux hydrocarbures quand ces dernières ne peuvent pas être complètement indemnisées du dommage par le propriétaire de navire ou toute autre partie par une poursuite en justice ou un règlement.

Le Fonds Navire est également un fonds de premier recours, ce qui signifie que toute entité, y compris la Couronne, peut présenter directement une demande d’indemnisation auprès de l’administrateur de du Fonds Navire, lequel étudiera et évaluera la demande, fera une proposition d’indemnisation au requérant, et, une fois cette dernière acceptée, essaiera de récupérer le montant payé du pollueur ou de toute partie responsable.

La plus grande partie des demandes soumises au Fonds Navire concerne des navires abandonnés ou désertés qui présentent une menace pour le littoral canadien de dommages dus à la pollution par les hydrocarbures. Par exemple, entre 2005 et 2016, le nombre d’incidents associés à des épaves ou des navires négligés et abandonnés s’est élevé à 58 % du total des demandes reçues par le Fonds Navire.[9] Les bateaux de pêche font plus de demandes que les autres types de navires, mais les remorqueurs et les barges représentent les montants d’indemnité les plus élevés.[10]

En vertu du principe de « dernier recours » du Fonds Navire, les demandes d’indemnisation peuvent être soumises pour tout type de perte, dommage, coût ou dépense raisonnable, y compris une perte financière, causé par un déversement d’hydrocarbures dans les situations suivantes :

  • Le propriétaire du navire n’est pas en mesure de payer;
  • Le propriétaire du navire n’est pas responsable en vertu de la Convention sur la responsabilité civile ou de la Convention sur les hydrocarbures de soute;
  • Le Fonds international et le Fonds complémentaire ne sont pas responsables ou la demande d’indemnisation dépasse leurs limites;
  • L’administrateur du Fonds Navire est considéré comme une partie à une instance contre le propriétaire du navire;
  • Le déversement d’hydrocarbures est d’origine inconnue.

En vertu du principe de « premier recours » du Fonds Navire, aucune des restrictions suivantes ne s’appliquent : les demandes d’indemnisation sont directement soumises à l’administrateur, qui évalue et paie l’indemnité puis essaie de récupérer le montant payé du propriétaire du navire, du Fonds international ou de toute autre partie responsable par une poursuite, dans la mesure où cela est jugé raisonnable.

Les demandes d’indemnisation peuvent aussi être soumises au Fonds Navire pour les coûts et les dépenses encourus par le ministère des Pêches et des Océans ou d’autres entités afin de prendre des mesures pour prévenir un déversement d’hydrocarbures, même si la menace de déversement d’hydrocarbures ne s’avère ensuite pas grave et imminente. Les mesures prises en présence d’une menace de déversement grave et imminente sont admissibles à une indemnité en vertu du Fonds international ou du Fonds complémentaire.

Toute entité qui prend des mesures en présence d’un déversement d’hydrocarbures ou d’une menace de déversement d’hydrocarbures ou toute entité qui subit des dommages à la suite d’un déversement d’hydrocarbures peut soumettre une demande d’indemnisation au Fonds Navire.

Le Fonds Navire est disponible pour les navires de toute taille et dispose d’un processus simplifié pour les demandes de 35 000 $ et moins.

Ces incidents sont survenus à la suite de déversements et de fuites de divers types de navires, la plupart étant des navires abandonnés et dans un état délabré, y compris des bateaux de pêche, des paquebots de croisière, des embarcations de plaisance, des traversiers, des remorqueurs, des navires commerciaux et des barges, et de déversements d’origine inconnue.


Clear Seas est un organisme canadien sans but lucratif qui fournit de l’information objective afin de permettre au gouvernement, à l’industrie et au grand public de prendre des décisions éclairées sur les questions relatives au transport maritime. Nous nous efforçons de sensibiliser et de susciter la confiance afin que chacun puisse se sentir partie prenante du secteur maritime. Notre vision est celle d’un secteur maritime durable, sûr, dynamique et ouvert à tous, aujourd’hui et pour les générations futures.

En tant que centre de recherche indépendant, Clear Seas fonctionne sans lien de dépendance avec ses bailleurs de fonds. Note programme de recherche est défini à l’interne en fonction des enjeux du moment, examiné par notre comité consultatif de recherche et approuvé par notre conseil d’administration.

Notre conseil d’administration est composé de scientifiques, de dirigeants de collectivités, d’ingénieurs et de cadres de l’industrie possédant des dizaines d’années d’expérience en recherche sur les questions humaines, environnementales et économiques liées à nos océans, à nos côtes et à nos voies navigables.

Nos rapports et outils sont disponibles sur notre site web : clearseas.org/fr/