Les navires commerciaux produisent différents déchets et matières résiduelles dans le cadre de leurs activités. L’élimination appropriée de ces déchets permet de prévenir la pollution par les navires. Un rejet accidentel ou délibéré de déchets provenant d’un navire peut endommager l’environnement marin, contaminer les chaînes alimentaires et nuire à la vie marine.
Les propriétaires de navires, les marins, les régulateurs et les autorités portuaires travaillent ensemble pour gérer et éliminer ces déchets en toute sécurité. L’environnement marin faisant l’objet d’une attention croissante, les Canadiens et les communautés autochtones veulent s’assurer que les ressources marines sont protégées contre les effets des déchets produits par les navires.
Ce site a pour but de fournir de l’information objective sur les incidences des déchets opérationnels issus des activités de transport maritime – notamment, les types de déchets produits par les navires commerciaux, en quoi ils peuvent être néfastes et où et comment ils sont éliminés – et d’encourager des conversations éclairées à ce sujet.
Nous avions l’habitude de dire que lorsque la marée descendait, la table était mise. Maintenant, elle est pleine de métaux lourds et de contaminants.
Gabriel George, de la Nation Tsleil-Waututh, commentant les polluants présents dans la baie Burrard et provenant de sources terrestres et aquatiques.[1]
DÉCHETS PRODUITS PAR LES NAVIRES ET LEURS ÉQUIPAGES
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Plus de 55,000⁽²’³⁾ navires commerciaux sillonnent les eaux et les océans du monde chaque année. En se déplaçant d’un port à un autre, ces navires produisent toute une gamme de déchets huileux, d’eaux de lavage, d’eaux de ballast, d’eaux usées (eaux noires), d’eaux grises, de résidus de cargaison, de déchets alimentaires et d’autres déchets semblables aux déchets ménagers typiques.
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Ordures
Aliments
Eaux usées (eaux noires)
Eaux grises
Eaux de cale
Résidus huileux des hélices
Résidus de cargaison et eaux de lavage
Eaux de ballast
Revêtements de coque et microplastiques
Eaux usées des systèmes d’épuration des gaz d’échappement (épurateurs)
Eaux de lavage de l’ancre
En apprendre plus:
Déchets produits par les navires
- Résidus huileux des hélices
- Eaux usées des systèmes d’épuration des gaz d’échappement (épurateurs)
- Eaux de cale
- Résidus de cargaison et eaux de lavage
- Eaux de ballast
- Revêtements de coque et microplastiques
- Eaux de lavage de l’ancre
Déchets produits par les passagers et l’équipage
- Ordures
- Aliments
- Eaux usées (eaux noires)
- Eaux grises
Pour une comparaison des règlements canadiens, américains et internationaux.
RÈGLEMENTS RELATIFS AUX DÉCHETS PROVENANT DES NAVIRES
Les navires commerciaux naviguent dans les eaux nationales et internationales et doivent respecter de nombreuses réglementations, restrictions et zones protégées.
Des restrictions additionnelles existent dans les zones de protection marine, les aires marines nationales de conservation et les réserves d’espèces sauvages.
En savoir plus sur les zones spéciales de lutte contre la pollution
À l’échelle internationale, l’élimination des déchets provenant des navires est régie par la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) établie en 1973 par l’Organisation maritime internationale et adoptée en 1978. Divers protocoles et annexes ont été ajoutés depuis pour adresser la pollution par les hydrocarbures, les substances nocives emballées et en vrac, les eaux usées, les ordures et les polluants atmosphériques.
Le Canada, qui a rejoint MARPOL en 1993, a intégré la plupart des aspects de la Convention dans la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada dans le cadre du Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereux afin de protéger les eaux canadiennes comprises dans la zone économique exclusive qui s’étend jusqu’à 200 milles nautiques au large. En vertu de la Loi sur les pêches, il est illégal de rejeter toute substance nocive dans l’eau, quelle qu’en soit la source (individu ou navire), sauf si cela est effectué conformément aux exigences d’une autre loi du Parlement. Une substance nocive est toute substance susceptible de nuire aux poissons ou à leur habitat. Toutefois, certaines substances nocives peuvent être éliminées si leur concentration est inférieure aux normes de qualité de l’eau établies.
LES AIRES PROTÉGÉES DANS LES EAUX CANADIENNES
Pour en savoir plus sur les déchets des navires dans les eaux de l’Arctique. Cliquez ici.
⬤ Zone économique exclusive (200 milles nautiques au large)
⬤ Eaux territoriales (12 milles nautiques au large)
⬤ Aires marines protégées (AMP)
⬤ Aires marines nationales de conservation
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- Tuvaijuittuq (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Tallurutiup Imanga (Lancaster Sound) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Anguniaqvia niqiqyuam (Ung-u-niak-via Ni-kig-e-um) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Tarium Niryutait (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- SG̲áan K̲ínghlas-Bowie Seamount (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Gwaii Haanas National Park Reserve, National Marine Conservation Area Reserve, and Haida Heritage Site (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Hecate Strait and Queen Charlotte Sound Glass Sponge Reefs (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Scott Islands marine National Wildlife Area (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Endeavour Hydrothermal Vents (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Fathom Five National Marine Park (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Gilbert Bay (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Eastport (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Banc-des-Américains (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Laurentian Channel (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- The Gully (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- St. Anns Bank (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Basin Head (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Musquash Estuary (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Saguenay–St. Lawrence Marine Park (s’ouvre dans un nouvel onglet)
Tuvaijuittuq
Superficie en km² : 319,411 Année établie: 2019
En savoir plus : Tuvaijuittuq (s’ouvre dans un nouvel onglet)Tallurutiup Imanga (Lancaster Sound)
Superficie en km² : 108,000
En savoir plus : Tallurutiup Imanga (Lancaster Sound) (s’ouvre dans un nouvel onglet)Anguniaqvia niqiqyuam (Ung-u-niak-via Ni-kig-e-um)
Superficie en km² : 2,358 Année établie: 2016
En savoir plus : Anguniaqvia niqiqyuam (Ung-u-niak-via Ni-kig-e-um) (s’ouvre dans un nouvel onglet)Tarium Niryutait
Superficie en km : 1,750 Année établie: 2010
En savoir plus : Tarium Niryutait (s’ouvre dans un nouvel onglet)SG̲áan K̲ínghlas-Bowie Seamount
Superficie en km² : 6,103 Année établie: 2008
En savoir plus : SG̲áan K̲ínghlas-Bowie Seamount (s’ouvre dans un nouvel onglet)Gwaii Haanas National Park Reserve, National Marine Conservation Area Reserve, and Haida Heritage Site
Size in km²: 1,500 including 200 smaller islands
En savoir plus : Gwaii Haanas National Park Reserve, National Marine Conservation Area Reserve, and Haida Heritage Site (s’ouvre dans un nouvel onglet)Hecate Strait and Queen Charlotte Sound Glass Sponge Reefs
Superficie en km² : 2,410 Année établie: 2017
En savoir plus : Hecate Strait and Queen Charlotte Sound Glass Sponge Reefs (s’ouvre dans un nouvel onglet)Scott Islands marine National Wildlife Area
Superficie en km² : 11,546
En savoir plus : Scott Islands marine National Wildlife Area (s’ouvre dans un nouvel onglet)Endeavour Hydrothermal Vents
Superficie en km² : 97 Année établie: 2003
En savoir plus : Endeavour Hydrothermal Vents (s’ouvre dans un nouvel onglet)Fathom Five National Marine Park
Superficie en km² : 112
En savoir plus : Fathom Five National Marine Park (s’ouvre dans un nouvel onglet)Gilbert Bay
Superficie en km² : 60 Année établie: 2005
En savoir plus : Gilbert Bay (s’ouvre dans un nouvel onglet)Banc-des-Américains
Superficie en km² : 1,000 Année établie: 2019
En savoir plus : Banc-des-Américains (s’ouvre dans un nouvel onglet)Laurentian Channel
Superficie en km² : 11,580 Année établie: 2019
En savoir plus : Laurentian Channel (s’ouvre dans un nouvel onglet)The Gully
Superficie en km² : 11,580 Année établie: 2019
En savoir plus : The Gully (s’ouvre dans un nouvel onglet)St. Anns Bank
Superficie en km² : 11,580 Année établie: 2019
En savoir plus : St. Anns Bank (s’ouvre dans un nouvel onglet)Basin Head
Superficie en km² : 9 Année établie: 2005
En savoir plus : Basin Head (s’ouvre dans un nouvel onglet)Musquash Estuary
Superficie en km² : 9 Année établie: 2005
En savoir plus : Musquash Estuary (s’ouvre dans un nouvel onglet)Saguenay–St. Lawrence Marine Park
Superficie en km² : 1.246
En savoir plus : Saguenay–St. Lawrence Marine Park (s’ouvre dans un nouvel onglet)Pour en savoir plus sur les aires protégées au Canada, cliquez ici.
INITIATIVES EN COURS
Le programme volontaire nord-américain de certification environnementale de l’Alliance verte évalue l’empreinte environnementale des participants à l’aide de 14 indicateurs de rendement, dont un lié à la gestion des déchets. Cet indicateur vise, entre autres, à réduire les déchets d’exploitation et à augmenter le recyclage à bord des navires. Il comprend cinq niveaux de rendement que les armateurs, les ports, les terminaux et les chantiers navals peuvent atteindre, de l’installation de bacs de recyclage à l’audit des déchets et l’élaboration d’une stratégie de gestion des déchets.
Un certain nombre de programmes de certification visant à encourager l’industrie du transport maritime à réduire son empreinte environnementale considèrent les déchets produits par les navires – et la façon dont ils sont gérés – comme un indicateur du rendement environnemental.
Afin de réduire davantage les risques environnementaux associés à l’introduction d’espèces envahissantes qui peuvent se produire par le rejet des eaux de ballast par les navires, le Canada a proposé un nouveau règlement amélioré sur les eaux de ballast. Ce nouvel ensemble de règlements donnera effet à la Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires et obligera les navires commerciaux nationaux et internationaux à installer un système de gestion des eaux de ballast d’ici 2024.
Le programme de recyclage Ici on Recycle! – RECYC QUÉBEC reconnait les organisations qui s’engagent à améliorer leur performance en matière de gestion des déchets par un processus de nomination et de certification. Dans les dernières années, le programme a été adapté aux navires commerciaux et à leurs operations et inclut des initiatives zéro déchet visant à réduire l’utilisation du plastique à usage unique à bord des navires.
À PROPOS DE
Clear Seas est un organisme canadien sans but lucratif qui fournit de l’information objective afin de permettre au gouvernement, à l’industrie et au grand public de prendre des décisions éclairées sur les questions relatives au transport maritime. Nous nous efforçons de sensibiliser et de susciter la confiance afin que chacun puisse se sentir partie prenante du secteur maritime. Notre vision est celle d’un secteur maritime durable, sûr, dynamique et ouvert à tous, aujourd’hui et pour les générations futures.
En tant que centre de recherche indépendant, Clear Seas fonctionne sans lien de dépendance avec ses bailleurs de fonds. Note programme de recherche est défini à l’interne en fonction des enjeux du moment, examiné par notre comité consultatif de recherche et approuvé par notre conseil d’administration.
Notre conseil d’administration est composé de scientifiques, de dirigeants de collectivités, d’ingénieurs et de cadres de l’industrie possédant des dizaines d’années d’expérience en recherche sur les questions humaines, environnementales et économiques liées à nos océans, à nos côtes et à nos voies navigables.
Nos rapports et outils sont disponibles sur notre site web : clearseas.org/fr/
Comparaison des règlements canadiens, américains et internationaux
La réglementation internationale visant à prévenir et à réduire au minimum la pollution provenant des navires est entrée en vigueur au début des années 1970, à la suite de plusieurs déversements d’hydrocarbures importants. L’Organisation maritime internationale (OMI) a adopté un ensemble de règles dans le cadre de la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL). Depuis, la Convention a été élargie pour inclure les substances liquides nocives, les matières nocives emballées, les eaux usées, les ordures et la pollution atmosphérique.
Plusieurs de ces règles ont été intégrées aux lois et aux règlements nationaux. Au Canada, la plupart des aspects de la Convention MARPOL ont été adoptés en vertu de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada. Le Code international des navires opérant dans les eaux polaires (Code polaire), élaboré par l’OMI, a été intégré à la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques (LPPEA) du Canada. À titre comparatif, certaines réglementations canadiennes, telles que celles relatives au rejet des eaux usées, sont plus strictes que la Convention MARPOL.
Bien que les deux pays travaillent ensemble dans les eaux transfrontalières, il existe certaines différences entre les États-Unis et le Canada, notamment dans la région des Grands Lacs.
De manière générale, le Canada et les États-Unis coordonnent leurs actions dans le cadre de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs pour une intervention conjointe en cas de pollution marine et travaillent ensemble sur l’importance de la gestion des eaux de ballast dans les Grands Lacs. Toutefois, les deux pays ne sont pas d’accord pour les nouvelles règles sur les eaux de ballast qui entreront en vigueur en 2024 et qui exigent que les navires d’au moins 400 tonnes brutes soient équipés d’un système de gestion des eaux de ballast. Les États-Unis, qui n’ont pas ratifié la Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires de l’OMI et qui ont exempté leur flotte de navires commerciaux opérant sur les Grands Lacs de l’obligation d’installer des systèmes de gestion des eaux de ballast à bord, estiment que cette règle ne devrait pas être appliquée aux navires qui naviguent que dans la région des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent. À l’inverse, le Canada a ratifié la Convention et soutient que les navires doivent être équipés de systèmes à bord. Les deux pays sont en négociation pour trouver une résolution.
Lorsque les deux nations sont parties aux mêmes conventions, elles n’appliquent pas nécessairement les mêmes normes, car certaines conventions prévoient une exigence minimale et certains États américains peuvent réglementer des normes plus élevées ou adopter leurs propres normes, comme dans le cas de la Californie en ce qui concerne la gestion des eaux de ballast.
Par exemple, les États-Unis ne sont pas signataires de la Convention MARPOL Annexe IV (réglementation des eaux usées), mais ils disposent de lois équivalentes pour se protéger contre la pollution par les eaux usées, que l’on retrouve dans l’article 312 du Clean Water Act.
- L’article 312 du Clean Water Act exige l’utilisation d’appareils d’épuration marine opérationnels, certifiés par la Garde côtière américaine, à bord des navires équipés de toilettes et naviguant sur les eaux navigables américaines
- Les rejets d’eaux usées non traitées sont interdits à moins de 3 milles nautiques de la côte
- Il existe des zones désignées de non-déversement
Les États-Unis et le Canada sont signataires de la Convention MARPOL Annexe V (réglementation sur les ordures). Certains États américains comme l’Alaska et Washington appliquent souvent des normes plus strictes.
Rôle des autorités portuaires dans la gestion des déchets des navires:
Les administrations portuaires du Canada jouent un rôle crucial dans la gestion des déchets provenant des navires. Elles publient des règlements pour leur territoire, décrivant comment tous les types de déchets de navires sont gérés et éliminés. Les règles portuaires respectent et dépassent souvent les règlements nationaux. Le capitaine ou le propriétaire du navire doit obtenir les autorisations nécessaires auprès de l’organisme de réglementation, du directeur de port ou du centre d’opérations compétent avant de prendre toute mesure concernant la décharge de déchets. Le Port de Halifax offre un exemple typique d’un guide et de ses exigences.
Réglementation dans les eaux de l’Arctique
Dans les eaux arctiques, l’eau de cale ne peut pas être déversée. Pour les navires de plus de 400 tonnes brutes ou certifiés pour transporter plus de 15 passagers, les eaux usées traitées peuvent être déversées à plus de 3 milles nautiques ou aussi loin que possible de la terre, du plateau de glace ou de la banquise côtière lorsqu’ils font route. Les eaux usées non traitées peuvent être déversées à au moins 12 milles nautiques de la terre ou de la glace et en faisant route. Il n’existe pas de réglementation particulière sur le rejet des eaux grises au nord du 60ᵉ parallèle nord. Il est demandé aux opérateurs de navires d’éviter de rejeter des eaux grises non traitées en toutes circonstances lorsqu’ils opèrent dans ces eaux, mais cette recommandation n’est pas appliquée.
Les zones spéciales de lutte contre la pollution
Une zone spéciale peut être désignée dans le cadre de MARPOL afin de créer des mesures supplémentaires pour prévenir la pollution des océans par les hydrocarbures, les substances liquides nocives, les eaux usées, les déchets ou la pollution atmosphérique, en raison des conditions écologiques reconnues de la zone et de la nature du trafic maritime dans cette dernière. Les zones désignées bénéficient d’un niveau de protection plus élevé. C’est le cas, par exemple, des quatre zones de contrôle des émissions situées dans la mer Baltique, la mer du Nord, l’Amérique du Nord et la mer des Caraïbes des États-Unis et établies pour limiter les émissions d’oxydes de soufre (SOx) et d’oxydes d’azote (NOx). Une liste des zones spéciales en vertu de MARPOL peut être consultée ici.
La gestion des déchets des navires dans les eaux de l’Arctique
L’augmentation du transport maritime dans l’Arctique s’accompagne de risques liés aux déchets produits par les navires. Les déchets générés et transportés à bord des navires voyageant dans l’Arctique présentent des risques pour les environnements marins et côtiers de la région en raison de ses infrastructures portuaires limitées et de la dépendance des Inuits et des autres habitants autochtones envers l’océan Arctique pour se nourrir.
En tant que déchets marins, les plastiques ont des effets directs sur l’écosystème arctique. Certains plastiques et microplastiques s’accumulent sur la glace et se libèrent dans l’océan lors de la fonte, entraînant la lixiviation de toxines.
Le Règlement sur la sécurité de la navigation et la prévention de la pollution dans l’Arctique (RSNPPA), qui incorpore le Code Polaire dans le cadre réglementaire canadien, interdit le rejet de déchets de tout type dans les eaux arctiques, à l’exception des eaux usées et des déchets alimentaires, sous certaines conditions. Un déchet est défini comme toute substance qui, lorsque ajoutée à l’eau, dégrade sa qualité au point de la rendre nocive pour les individus, les animaux, les poissons ou les plantes utiles aux individus, ou tout ce qui est considéré comme un déchet en vertu de la Loi sur les ressources en eau du Canada.
Le rejet d’huile ou de mélanges qui contiennent de l’huile est strictement interdit, à quelques exceptions près. Notamment, si le rejet est dû à un accident ou à des dommages causés au navires alors que toutes les précautions nécessaires ont été prises, ou encore si le rejet est nécessaire pour sauver des vies humaines et prévenir la perte du navire.
Le dépôt de déchets dans les eaux arctiques est considéré comme une infraction. Un individu ou un navire reconnu coupable en vertu du RSNPPA peut être condamné à payer une amende de 5 000 $ ou 100 000 $, respectivement. Pour les navires de plus de 400 tonnes brutes ou certifiés pour transporter plus de 15 passagers, le Règlement sur la sécurité de la navigation et la prévention de la pollution dans l’Arctique autorise le rejet d’eaux usées traitées (désinfectées et broyées) à plus de trois milles nautiques de la terre, d’un plateau de glace ou d’une banquise côtière lorsque le navire fait route. Tout rejet d’eaux usées traitées doit se faire aussi loin que possible de la terre ou de la glace. Pour rejeter des eaux usées non traitées, le navire doit faire route et se trouver à au moins 12 milles nautiques de la terre ou de la glace.
Le Programme national de surveillance aérienne
Le Programme national de surveillance aérienne est un programme géré par Transports Canada et Environnement et Changement climatique Canada qui patrouille les côtes canadiennes à la recherche de polluants provenant des navires, comme des hydrocarbures déversés. Le Programme exploite un certain nombre d’avions Dash-8 rouges et un drone équipé de matériel de télédétection. Regardez cette vidéo pour en savoir plus.
Si des navires sont identifiés comme rejetant illégalement des déchets, Transports Canada peut recourir à différentes mesures en vertu de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada. Les sanctions vont de lettres de non-conformité à des amendes pouvant atteindre 25 000 $ par jour pendant la durée de l’infraction. Cela peut signifier une perte d’activité, une augmentation des taux d’assurance et un bannissement des eaux canadiennes.
Sources et Citations
- Burnaby Now. (2021). Pollution Expert Aims to Create ‘Water Champions.’
- Statista. (2021). Number of Ships in the World Merchant Fleet as of January 1, 2020, by Type.
- Les travaux de Clear Seas portent sur les activités de transport maritime commercial. Conséquemment, ils n’incluent pas d’office les navires de croisière et de pêche. Cependant, ces navires sont assujettis aux mêmes lois et règlements régissant l’élimination des déchets.
- International Convention for the Prevention of Pollution from Ships (MARPOL 73/78). (2015). Practical Guide. P. 19.
- Gouvernement du Canada. (2012). Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereux.
- Marine Insights. (2021). MARPOL Annex 1 Explained: How to Prevent Pollution from Oil at Sea.
- Barbara Werschkun, Sangeeta Banerji, Oihane C. Basurko, Matej David, Frank Fuhr, Stephan Gollasch, Tamara Grummt, Michael Haarich, Awadhesh N. Jha, Stefan Kacan, Anja Kehrer, Jan Linders, Ehsan Mesbahi, Dandu Pughiuc, Susan D. Richardson, Beatrice Schwarz-Schulz, Amisha Shah, Norbert Theobald, Urs von Gunten, Stefanie Wieck, Thomas Höfer. (2014). Emerging risks from ballast water treatment: The run-up to the International Ballast Water Management Convention, in Chemosphere, volume 112, p. 256-266.
- Ces restrictions sont basées sur des règles établies par l’Organisation maritime internationale, par les lois canadiennes et par les règlements appliqués par les Administrations portuaires canadiennes elles-mêmes.
- World Wildlife Fund. (2020). Grey Water Dumping Threatens Ocean Health and People.
- Nuka Research and Planning Group, LLC. (2019). Bilateral Workshop: Grey Water Discharges from Vessels – Summary Report.
- Gouvernement du Canada. (2021). Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereux. Sous-section 5 – Rejet d’eaux usées ou de boue d’épuration.
- Agence canadienne d’inspection des aliments. (2018). Directive relative aux déchets internationaux. Annexe 2 : Exigences relatives à la manipulation, à l’enlèvement et à l’élimination des déchets internationaux aux points d’entrée au Canada (aéroports, terminaux portuaires et postes frontaliers). Gouvernement du Canada.